• Vacances à Moriani

Noël en Corse : Traditions et coutumes

Mis à jour : 2 déc. 2019


À la veille de Noël, les esprits s’agitent et des questions reviennent sans cesse : Ai-je acheté tous les cadeaux ? N'ai-je rien oublié pour le repas du réveillon ?


N’oublions pas que Noël est avant tout l’occasion de se retrouver en famille… et de manger !

Chaque région a ses traditions et ses coutumes de Noël. La Corse en perpétue de nombreuses au fil du temps : Rassemblements, partages, chants ou superstitions…

Le Père Noël est-il corse ?

En tout cas, le chant le plus célèbre sur le gros bonhomme rouge que l’on chante en famille au coin du feu est bien originaire de l’île de Beauté !

C'est avec son « Petit Papa Noël », qu’il chante pour la 1ère fois en 1946, que Tino Rossi remporte un succès phénoménal. Né à Ajaccio en 1907, le chanteur et acteur français mondialement connu, a vendu plus de 500 millions de disques dans le monde entier dont plus de 600 000 exemplaires pour ce seul titre. Une douce mélodie qu’il est fréquent d’entendre sur les ondes en cette fin d’année.

Et pourtant, le père Noël n’est arrivé qu’assez tardivement sur l’île de beauté. Avant les années 50, on disait que c’était l’enfant Jésus qui était le donateur des bonbons et des oranges reçus pendant les fêtes. Jésus était un peu la star des festivités... D'ailleurs, c'était le seul personnage de la crèche !

Ô Rocchiu : Le bûcher de Noël

Le Rocchiu, c’est le nom Corse qui désigne le bûcher de Noël, allumé devant l’église du village. Il était enflammé à la sortie de la messe de minuit le 24 décembre. La tâche de la préparation du bûcher revenait aux enfants du village, qui dès le matin du 24 s’activaient à rassembler et entasser les bûches provenant des champs et des jardins du village. Ils passaient dans toutes les fermes et maisons du village en criant « ô ROCCHIU, ô ROCCHIU !!! Chacun se faisait un plaisir de contribuer à cette récolte, donnant un bout de clôture, un vieux morceau de poulailler, des branches de leur verger ou de leurs châtaigniers.

C’est à la sortie de la messe de minuit que le bûcher était enflammé. Un spectacle inoubliable où chacun regagnait son domicile pour le repas de Noël, quand le feu faiblissait. On dégustait alors le cabri accompagné de tranches de Pulenta; les canistrelli et les frappes pour le dessert. Le 25 décembre, après la disparition totale du feu, les cendres encore chaudes étaient ramassées par les villageois, qui les ajoutaient aux cendres de leur propre cheminée pour chauffer leur maison.


Toujours en lien avec les bûches, une vieille légende disait qu’il fallait bien compter les membres de la famille présents au repas de Noël et mettre autant de bûches dans la cheminée que de convives. Sinon, les fêtes de fin d’année suivantes seraient endeuillées du nombre de bûches manquant… Une règle respectée à la lettre par des corses très superstitieux. Et juste avant de passer à table, le père de famille faisait mettre tous ses enfants à genoux autour de la cheminée, avec une feuille de laurier dans la main. Le père de famille tenait de plus, un verre rempli de vin. Lorsque chacun avait pris sa place, il récitait quelques prières et ordonnait ensuite à ses enfants de jeter leur feuille de laurier dans le feu, par rang d'âge, en commençant par le plus jeune. La mère les imitait et, après elle, le père y jetait aussi sa feuille et son vin.

La coutume corse des 7 veillées

Jusqu’au début du siècle dernier, plus particulièrement en Haute-Corse, les jeunes du village se rassemblaient en petits groupes et partaient rendre visite à 7 familles du village : c’est la coutume des 7 veillées. Ils apportaient à chaque fois une bûche de bois pour chauffer l’âtre et alimenter un belle flambée le soir de Noël, discuter avec les familles et partager les pâtisseries préparées par la mère ou la grand-mère.

La pratique religieuse de l’Ochju

L’Ochju en Corse signifie le mauvais œil. C’est une croyance mystérieuse qui est ancrée dans la culture de l’île. Elle désigne les forces occultes dont une personne est victime. Tout le monde peut apprendre à conjurer l’ochju. Et c’est dans la nuit de noël, qu’a lieu l’apprentissage des incantations. Attention, si on les transmet à une date différente du 24 décembre, le pouvoir est perdu !!! Pour conjurer le mauvais œil la signadora met de l’huile dans une assiette remplie d’eau, et elle trempe son doigt dedans. Si les gouttes d’huile se diluent dans l’eau alors le patient a été annuchjé, (il a le mauvais oeil). Mais si les gouttes d’huile restent entières, ça veut dire que la personne n’a pas le mauvais oeil sur lui.

Le repas traditionnel de Noël en Corse

Il y a deux repas de Noël en Corse :

la clémentine corse
  • le repas léger : En-cas que l’on prenait en revenant de la messe de minuit, généralement cuisiné par les grand-mères. Elles faisaient alors griller à même la flamme des figatelli qui accompagnaient des beignets de courgette (fritelles). Il y avait aussi une soupe de pois chiches, des noisettes et des châtaignes grillées et un fiadone.. Mais le plus souvent on se contentait de quelques biscuits, canistrelli ou mustosi et de fruits frais, nèfles, kakis, oranges, ou secs, amandes, noix, figues ou de quelques châtaignes grillées. Réunis autour du feu en attendant minuit, on racontait « e fole » des histoires de fées ou bien on jouait à prédire l'avenir, en jetant des feuilles d'oliviers ou des grains de céréales dans le foyer brûlant.

  • Le repas de Noël traditionnel, lui, allie la viande, la charcuterie et les produits de la mer. Il commence par une boutargue, une sorte de saucisse faite d’oeufs de mulet pressés et séchés) coupée en tranches fines et arrosée d’huile d’olive ou une brouillade d’œufs aux d’oursins, complétés par un prisuttu (jambon cru corse) et de la coppa. Le plat principal sera un agneau ou un cabri rôti, accompagné de polenta. La viande sera aromatisée avec du thym et des baies de myrte ! En dessert, on goûte à la délicieuse « Ceppu di Natale Castagniu », la bûche de Noël à la châtaigne qui ne laisse personne indifférent ! Un verre de Limoncello ou d’Eau de vie pour digérer le tout en attendant Babbu natale

Et puisque la Corse et les corses sont réputés pour être des personnes généreuses et chaleureuses, la tradition veut qu’on rajoute une assiette à table, « u piattu di u puvarettu » l’assiette du pauvre.

Bon natale a tutti

#Noël #tradition #table #veillée #coutumecorse #buonnatale #lebûcherdenoël #tinorossi

32 vues

© Vacances à Moriani - depuis 2011

  • Google+ Social Icon
  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon