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Croyances corses (1)

Mis à jour : 29 déc 2019

On ne se rappelle plus l’origine de ces croyances, mais elles ont toutes ont été transmises par la tradition orale.

La religion a toujours côtoyé les pires superstitions :

Chaque village, chaque hameau en corse a son église… Et devant, le plus souvent, un arbre y a été planté : Olivier, chêne, châtaignier ou tilleul… Mais jamais, au grand jamais, un noyer, car son ombre est mauvaise.

On ne met jamais la nappe à trois, ainsi que les draps et couvertures pour la préparation du lit. Cela porte malheur.

On ne prête jamais un mouchoir à quelqu'un. On craint qu'il ne serve à sécher des larmes.

Un projet s'accompagne toujours d'un souhait qui constitue une garantie: in grazie di Diu (S'il plait à Dieu).

Lorsqu'un saint qu'on implore reste indifférent aux prières, on tourne son effigie contre le mur.



Les mauvais présages : Une veilleuse qui s'éteint alors qu’il y a encore de l’huile dans le récipient, une chouette qui hulule dans la nuit, l’huile renversée comme le bris d’un miroir, ouvrir un parapluie à l’intérieur d’une maison. On ne tolère pas deux couteaux en croix car c'est un souvenir de la vendetta. Un mot oublié au cours d'une prière pour le baptême par le parrain ou la marraine n'est pas un bon présage pour l'avenir de l'enfant. Les rêves :

Inquiétants : Un mort qui vous appelle, un don que l’on fait à un membre disparu de la famille, rêver de serpents…

Bon augure : Un couvert dressé sur une nappe blanche, des couvées d’œufs en nombre impair, une chèvre qui s'ébroue sur le seuil de la maison, c'est une surprise, de même lorsqu'un couteau tombe. Ce qu’il ne faut pas faire : On ne se marie jamais le vendredi, ni au courant du mois de mai. On ne commence rien un vendredi, on ne fait pas d'achats et il n'y a pas d'enterrements. Deux membres d'une même famille ne se marient jamais le même jour, surtout pas deux sœurs, car toutes les deux connaîtraient des malheurs conjugaux. La ménagère ne fait jamais la lessive pendant la semaine des morts. Dans la maison mortuaire on ne fait pas de friture, cela porte-malheur. Le jour des obsèques, on sert du pot au feu. Bien entendu, nombre de ces superstitions sont « passées de mode », mais il n’est pas rare de trouver encore, sur la porte d'entrée des vieilles maisons, la croix de Saint Martin (croix de bois) destinée à éloigner les mauvais esprits.

Cornes, gros sel et pain à l'envers

Contre l’envie et pour se protéger du mauvais œil on utilise encore de nos jours le sel. On en met dans les poches, dans la voiture ou sous le lit. Depuis 5000 ans, le sel est considéré comme une énergie capable de réanimer une victime. Il est donc perçu comme une substance vitale unissant l’homme à Dieu. Il est également connu comme un conservateur, on y voit donc un remède contre la désintégration de la matière vivante. Il désinfecte les plaies, nettoie et cicatrice. Il se dissout dans l’eau et absorbe le maléfice. Il peut aussi se cristalliser et empêcher ainsi le mauvais esprit de s’étendre.

D'autres personnes savent lire l'avenir dans le crépitement du feu ou la coquille d'un œuf. Tout le monde sait encore que celui qui peine à avaler sa nourriture sera bientôt frappé d'un grand malheur. Une grande partie de la population de l'île en est toujours persuadée: le destin de chacun est écrit d'avance.

Avant d'entamer un pain on fait toujours un signe de croix sur le dos avec la pointe du couteau et on baise le pain qui tombe. Le pain ne doit jamais être « sur le dos ». Présenté à l'envers dans une boulangerie, c'était celui que l'on destinait au bourreau qui jouissait du privilège du pain gratuit.

Dans la conduite de leur vie, les Corses sont surtout guidés par le sentiment que ce qu'ils voient cache quelque chose de mauvais, invisible mais déterminant. C'est pour cela qu'ils sont méfiants, persuadés que les personnes heureuses et chanceuses dégagent une énergie positive convoitée par l’œil du jaloux. Complimentez une maman sur son bébé et vous entendrez aussitôt dans l'entourage quelqu'un marmonner la formule "Diu u benedica" que Dieu le bénisse, faire les cornes sur le nouveau-né, voire cracher par terre en sa direction, car la salive est réputée absorber le mal... Pour le protéger de l'envie, la coutume veut d'ailleurs qu'on lui offre du corail taillé en forme de main à sa naissance.



La pierre est un symbole de protection car elle ne laisse rien passer, et offre donc une protection contre l'esprit des morts. Sa solidité, sa force est liée à l’idée d’immortalité. On porte la pierre autour du cou pour éviter les mauvaises contagions et surtout pour former une barrière contre le mauvais œil.

Quelques unes de ces pierres merveilleuses :

  • la Catochite (Pierre de mémoire) est une pierre dite miraculeuse jadis utilisée par les mages.

  • La pierre d’aigle qui rend invisible, se trouve au col d’Ominanda. Pour qu’elle agisse, il faut prononcer la formule « Tamo-Samo » qui ressemble au « sésame ouvre-toi » des mille et une nuits.

  • On portait en voyage, a petra quatrata, magnétite ou pierre d’aimant que l’on trouve près de Canari. Elle a la vertu de rendre infatigable et se porte attachée à la jambe gauche au dessus du genou.

  • l’Unghie d’ella grande bestia qu’on allait chercher dans un pays lointain afin de se défendre contre les sorcières.

  • Le corail protège les nouveaux nés de l’île des esprits malveillants. Selon la légende, le corail serait le sang pétrifié de la reine de Corse, Méduse

Les boutiques de souvenirs corses regorgent d'amulettes et d'objets au potentiel magique. Afin d'éloigner le mal, on porte ici en pendentif l'oeil de sainte Lucie, une médaille bénite, ou de la catochite. Il n'est pas rare de voir un corse glisser dans sa voiture, ou sous son lit, voire aux quatre coins de la maison, un sachet rempli de gros sel, connu pour son rôle immensément protecteur, ou encore de placer un oeuf pondu le jeudi de l'Ascension, dans sa maison pour la mettre à l'abri des incendies.



On l'a souligné: le Corse est superstitieux. Il ne commence ni ne termine jamais une tâche le lundi ou le vendredi, ne passe pas à proximité d'un cimetière ou d'une fontaine la nuit, sous peine d'être atteint par l'imbuscada, un sortilège lancé par les esprits hostiles des morts...

Il ne pose pas non plus un pain à l'envers sur une table, en souvenir de la miche réservée au bourreau les jours d'exécution que le boulanger retournait sur son présentoir pour mieux l'identifier.








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