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Derniers secrets

Aléria et son antique village est devenue un pôle touristique et culturel d'importance dans la plaine orientale de l'île. Retiré des anciennes maisons, le fort de Matra, du nom de la puissante famille qui régnait sur la piève de Serra au temps des Génois, est visible à la ronde. Il abrite depuis 1978 le musée d'archéologie Jérôme-Carcopino dans lequel sont exposés nombre d'objets et vestiges découverts lors de fouilles sur la nécropole pré-romaine de Casabianda.

Le site est aujourd'hui classé pour une superficie de 27 hectares, dont seulement 5 sont accessibles au public.

La naissance de l’archéologie corse date de Prosper Mérimée en 1840 avec la publication de ses notes de voyage. Cependant, les premières véritables fouilles archéologiques des ruines décrites par Mérimée n'ont débuté qu'à partir de 1922, à l'initiative d'Ambroise Ambrosi, qui publiera en 1933 la première Carte archéologique de la Corse.

Il faudra attendre 1954, pour que commence une véritable saison de fouilles menées à la fois sur la ville romaine et sur la nécropole étrusque, sous l'impulsion de Jean Jehasse. Sur le promontoire dominant le fleuve, elles mettront au jour le Forum et les quartiers associés constituant le cœur administratif, commercial et religieux de la ville antique.

Délimitée par un rempart encore visible au sud-est et par la forte déclivité naturelle à l’ouest et au nord, la surface de la ville est de 11ha environ. Les portes, dont les traces ont été révélées par l’archéologie, ont été aménagées au sud, à l’ouest et au nord-est, dans le rempart qui entourait la cité.

La ville évoluera et connaitra de nombreuses modifications et reprises visibles sur les bâtiments ou sur l’organisation générale des axes de circulation internes à la cité. A partir du IVe siècle, la ville semble connaître un déclin progressif sans toutefois être totalement abandonnée, puisqu’à la fin du VIe siècle, une lettre du pape Grégoire le Grand, confirme la présence d’un évêché à Aleria.

Au XIVe siècle, sous l’autorité de la république de Gênes, commence une phase d’exploitation des ruines : Des éléments architecturaux calcaires seront transformés en chaux ou remployés en maçonnerie dans les maisons alentours. La fabrication de chaux tout comme la récupération de roches à bâtir semblent avoir perduré jusqu’au XIXe siècle.

Depuis 2010, Aléria fait l’objet de nouvelles recherches archéologiques orientées sur l’Antiquité, dans le but premier d’élargir la représentation de la ville antique.

Dernièrement, l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) a réalisé plusieurs fouilles importantes en Corse. En 2020, au cœur d’une nécropole romaine et étrusque à Aléria , c’est la découverte d’une exceptionnelle tombe étrusque de la fin du IVe siècle avant notre ère. Très riche, celle-ci contenait un mobilier de prestige. Plus de deux cents objets ont été inventoriés. Au cœur de la tombe en hypogée, la défunte repose sur le dos, tête inclinée côté gauche et les bras le long du corps. Elle est parée d’une paire de boucles d’oreille d’or, de deux anneaux et or et alliage cuivreux aux doigts.

Le corps est entouré d’une quarantaine de récipients en céramique. Près de sa tête, les archéologues ont trouvé deux grands skyphoi (sorte de gobelets à grandes anses) et une petite cruche (lécythe aryballisque). Le long de la jambe droite, se trouvent un autre skyphos et trois œnochoés (cruches à vin) décorées de visages féminins. Toutes ces céramiques peintes sont des productions d’Étrurie et sont datées du IVe siècle avant notre ère. Deux vases à parfum (des alabastres) reposent sur les pieds de la défunte avec des petites coupes à vernis noir, deux miroirs en bronze et manche d’os, et un askos (vase à versoir latéral) à tête noire. Enfin, une dizaine de coupes de diverses formes et différentes tailles est alignée le long du flanc gauche de la femme. L’étude de ce mobilier exceptionnel, dont la conservation a fait l’objet d’une attention toute particulière permettra de mieux comprendre les pratiques funéraire étrusques.

Alalia – Aléria n’a pas fini de dévoiler ses secrets...


Infos Pratiques

Le Musée d’Aleria est ouvert au public. Durée de la visite: Musée + Site : 1h 30

Horaires

du 16 mai au 30 septembre de 8h à 12h et de 14h à 19h

du 1er octobre au 15 mai de 8h à 12h et de 14h à 17h

Tarifs

Plein tarif : 2 euros par personne

Tarif réduit : 1 euro pour les étudiants, les enfants et les groupes (10 pers. ou plus) Entrée gratuite pour les guides officiels, les classes et les scolaires sous la conduite de leurs professeurs Le billet d’entrée permet la visite du musée et du site.


A consulter également : Je m'appelais Alalia et Et Alalia devint Aléria

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