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Je m'appelais Alalia

Mis à jour : avr. 30

En 565 avant J.C, des Phocéens chassés de leur ville par les Perses choisirent de fonder Alalia, une ville au débouché du Tavignano, sur l'île de Kurnos... Grâce au commerce, Alalia rentrera en contact avec les grandes civilisations de la Méditerranée, faisant ainsi entrer la Corse dans l’Histoire.



Au 6e siècle avant Jésus Christ, quittant les terres peu fertiles d’Asie mineure, les Phocéens sont les premiers Grecs à entreprendre de longs voyages sur mer. Ils font connaître la mer Adriatique, la Tyrrhénie, l'Ibérie et Tartessos (l’Andalousie moderne) à l'embouchure du fleuve Guadalquivir dont les riches métaux sont une matière essentielle de leur commerce.



C'est à cette même époque qu'ils fondent Massalia (Marseille) et s’assurent des escales sur le littoral ibérique.

Grâce à des pentécontères (bateaux de guerre à 50 rameurs) ils crééent des colonies tout autour de la Méditerranée. Vers –565, pour éviter de longer le littoral étrusque, ils fondent alors, sur la rive orientale de Kurnos (la Corse) un nouveau comptoir : Alalia. Ce sont avant tout des commerçants, pas des pilleurs, et la population locale ne s’oppose donc pas à leur installation. Les premiers débarquements et embarquements de marchandises depuis l'étang de Diane remontent à l’époque grecque ancienne, vers 565 avant J.-C. Ils s’établirent vraisemblablement au débouché du fleuve sur la mer, proche de l’acropole d’Alalia.


Ce comptoir corse présente trois principaux avantages : tout d’abord les richesses d’un arrière-pays aux ressources minières non négligeables (cuivre, fer, plomb argentifère, chaux) et surtout, un point de contrôle stratégique pour les côtes d’Etrurie, du Latium et de la mer Tyrrhénienne. De Carthage à Marseille, l’itinéraire maritime par la Corse était enfin le plus rapide : 8,5 jours et 7 nuits contre 22,5 jours et 19 nuits par l’Italie et la Sicile, et 16 jours et 15 nuits par l’Afrique du Nord et l’Espagne.


Les Grecs introduisent la vigne et l’olivier, exploitent les forêts, pêchent et commencent la cultures des huitres et des moules, élèvent des temples, etc. : Une nouvelle civilisation commence à naître.



En –553, lors du combat naval d'Alalia, une coalition d'Etrusques et de Carthaginois, déterminés à ne pas laisser les grecs se forger un empire rival, attaque les Phocéens. Ces derniers obtiennent la victoire, mais les pertes sont si grandes que beaucoup de colons abandonnent l'île et s'installent en Calabre et à Marseille. Ils abandonnent la Corse à leurs terribles rivaux. Les influences grecues et les relations commenciales continuent cependant... Des influences étrusques s'y ajoutent.


La domination étrusque sera de courte durée. Viennent les Syracusains, puis les Carthaginois mais ceux-ci se heurtent à la population corse bien décidée à conserver sa vie et ses traditions. En dépit du traité de neutralité signé en -509, les intérêts économiques de Carthage contrecarrent inévitablement les ambitions de Rome. S’ensuivent des luttes implacables, longues et acharnées, puis les Guerres Puniques qui détruisent l’Empire africain, faisant de la Méditerranée et de la Corse une exclusivité romaine.


En 260 avant J.C., le consul L. Cornelius Scipion, vainqueur du combat naval de Myles, passe en Corse et entreprend de lutter contre les troupes du Carthaginois Hannon. Alalia succombe après un siège des plus sévères. À la paix de 241, Carthage conserve pourtant la Corse...

Ce n’est qu’un sursis ! Profitant de la révolte des mercenaires, T. Sempronius Gracchus conduit alors les légions dans l’île ; l’hostilité des indigènes à cette mainmise romaine nécessite l’organisation de nouvelles expéditions de -236 à -231. Les efforts des consuls Licinius Varus, M. Malleolus, C. Papirius Maso aboutissent au rattachement de la Corse à l’administration de la République. En –221, deux prêteurs gouvernent la province de Sardaigne dans laquelle est englobée la Corse.


L'occupation romaine, marquée par pillages et destructions de campagnes est très mal vécue par les corses qui commencent à se révolter. Nombre d'entre eux seront capturés et réduits en esclavage.


Une Corse conquise mais non soumise : Aux rebellions et soulèvements intermittents des cités côtières s’ajoutent une permanente guérilla. La domination romaine, bien présente sur le littoral et surtout en plaine orientale, veut s'étendre vers l'intérieur des terres. Les légions de Juventius Thalna et la flotte de P. Scipio Nasica ont raison des derniers insurgés. En -163, la Corse est « pacifiée » au prix de multiples batailles. La moitiés des corses sont morts ou emmenés hors du pays.


Les habitants « colonisés » de l'île se plient aux lois de l'occupant...

Commence alors une autre histoire, celle d'Aléria, sous la domination romaine...


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